innueshkueut / femmes innues : prosaïsme et poéticité des manifestations de la langue innue dans l’écriture de trois jeunes écrivaines amérindiennes francophones (Natasha Kanapé Fontaine, Marie-Andrée Gill et Naomi Fontaine)

Résumé

Bien que relativement jeune et encore marginale, la littérature amérindienne est en pleine effervescence au Québec. Née dans les années 1970 à travers la publication de récits de vie et d’essais historiques, elle a, dans les années 2000, « tendance à devenir de plus en plus créative et soucieuse d’esthétique » (Gatti, 2004). Si les hommes dominaient le paysage littéraire de la fin du XXe siècle, le début du XXIe marque l’entrée d’un fort contingent d’écrivaines amérindiennes dans le monde des lettres québécoises. Parmi celles-ci, les auteures innues sont majoritaires. Ayant adopté le français comme langue seconde et publiant principalement dans cette langue, la plupart d’entre elles témoignent cependant de leur attachement à leur culture en intégrant nombre de mots innus à leurs créations. Ce processus d’incorporation d’une langue autochtone au français se réalise cependant de façons assez différentes d’une auteure à l’autre, et il peut sembler pertinent de s’intéresser à la diversité des effets de lecture produits par ces approches relevant toutes, à première vue, d’une même démarche d’affirmation identitaire. Adoptant une perspective qui emprunte l’essentiel de ses concepts à la théorie des modes de conscience d’Owen Barfield, qui permet d’évaluer le degré de prosaïsme et de poéticité d’un texte en fonction des procédés qui le sous-tendent, je tâche donc de présenter une lecture fine des œuvres de trois jeunes écrivaines innues ayant toutes publié en 2012 leur premier ouvrage : N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures, de Natasha Kanapé Fontaine ; Béante, de Marie-Andrée Gill, et Kuessipan, de Naomi Fontaine.

 
Contexte

Communication présentée en janvier 2014 à l’Université de Lancaster (Royaume-Uni) dans le cadre du colloque « Les identités multilingues françaises / Multilingual French Identities »