l’espace d’un instant, l’éternité : la topologie du temps dans « Paysages avec figures absentes » de Philippe Jaccottet


Résumé

Dans cette communication, j’ai cherché à démontrer que loin de constituer un absolu de l’expérience humaine, la prétendue linéarité du temps n’est qu’un monstre conceptuel parmi d’autres, auquel la littérature a tout loisir d’échapper – pour peu qu’elle s’autorise à investir les contours d’un espace concrètement vécu et expérimenté par les sens. S’inspirant des travaux du phénoménologue américain David Abram, dont la « topologie du temps » s’articule autour d’un isomorphisme structural entre notre conception du temps et notre perception de l’espace, j’ai voulu montrer que cette hypothèse se vérifie dans les textes et, par conséquent, que la « topologie du temps » peut fournir à la critique littéraire un outil d’une souplesse et d’une précision étonnantes. Après avoir présenté les grandes lignes de cette grille de lecture, j’en ai appliqué les principes à l’analyse de « Paysages avec figures absentes », première section du recueil éponyme de Philippe Jaccottet, et j’ai décrit la façon dont le poète, en investissant les données sensibles du paysage, met en place une conception de la temporalité dans laquelle l’articulation du passé, du présent et de l’avenir n’obéit absolument pas à la direction imposée par la flèche du temps.


Contexte

Cette communication a été présentée le 26 mars 2010 au Courtyard by Marriott de Toronto dans le cadre du 27e 20th and 21st Century International French and Francophone Studies Colloquium, organisé par le département de français de l’Université de Guelph sous le thème « NOUVEAUX mondes NOUVEAUX espaces ».


Publication

Cette communication a donné lieu à un article plus approfondi : Gabriel MARCOUX-CHABOT, « Petite topologie du temps à l’usage de la critique : l’exemple de “Paysages avec figures absentes” de Philippe Jaccottet », dans Contemporary French and Francophone Studies, vol. 15, no 5 (décembre 2011), p. 573-581.