rubrique des livres dévorés

Qu’un premier livre surgisse sans défauts, rythmé par une écriture précise, souveraine et sans failles, qu’il interpelle en chacun de nous le noyau le plus profond, est un événement assez rare pour mériter d’être souligné. L’ouvrage de Gabriel Marcoux-Chabot, Il tombe des anges, paru aux Éditions De Courberon, exsude l’urgence et l’ivresse de vivre, de créer et d’aimer. Le mythe personnel et universel, le chiffre du destin, voilà la trame de ce roman dont chacun des personnages appartient au théâtre le plus intime de l’âme et dont l’enjeu est le pouvoir transfigurateur de l’imagination.

Pourquoi sommes-nous sur terre ? pour créer peut-être quelque chose de nouveau et offrir à l’univers et aux dieux ce qui n’aurait jamais été sans nous et ne sera jamais plus semblable après nous. L’admirable leçon de vie de ce roman est aussi une exégèse de l’imagination créatrice. L’élan créateur jaillit du trésor accumulé de l’imagination, de la dévotion et de l’enthousiasme. Ce trésor en nous est la part d’enfance préservée et métamorphosée dans l’âge adulte. C’est avec le regard de l’enfance conservée et nourrie en lui que l’adulte pourra se retourner demain, émerveillé, vers l’enfant à naître et le ciel étoilé. Ce n’est qu’avec cette capacité d’étonnement qui a mûri en son cœur que le sage peut interpréter de façon féconde les mystères du monde.

Écrite dans une forme originale et un style achevé, l’auteur de cette œuvre, à la fois poète, marionnettiste et romancier, préside sans aucun doute à une longue carrière d’écrivain. Dépêchez-vous de le découvrir…

Denys NÉRON, Quartier Montcalm, vol. 2, no 3 (17 mai 2008), p. 4.