saisons de neige et de poésie

Malgré l’avalanche de travail qui se déclenche comme par magie dès le début de la session, certains étudiants de l’Université Laval trouvent le temps de déployer leur talent en mots (mots qui ne font pas partie d’une dissertation quelconque) ; cela est très heureux et donne lieu à des oeuvres des plus intéressantes.

On retrouve notamment au nombre de celles-ci Il tombe des anges, le « drame poétique pour comédiens de chair et de bois » de Gabriel Marcoux-Chabot. Après avoir publié en 2004 la pièce de théâtre Le rire du fou sous le pseudonyme de Fao, l’étudiant en études littéraires récidive avec une composition originale se situant quelque part entre le roman, la poésie et la pièce de théâtre, le texte incorporant sans distinction des paragraphes entiers se rapprochant d’une transcription poétique d’indications scéniques

Drame minimaliste à trois personnages (un marionnettiste, un guerrier et une petite fille en robe rouge), Il tombe des anges se déroule quelque part entre la réalité et le rêve, entre un monde de somnambules inconscients et gris – c’est-à-dire la foule – et le monde merveilleux et imaginaire du marionnettiste, celui qui tire toutes les ficelles. Dans cet univers rêvé, les personnages se dédoublent pour devenir Merlin, Arthur et Viviane ; ils vivent en se nourrissant d’images. Le lecteur y est convié en ami et, en effet, il s’y reconnait bien au sein de cette rencontre entre Alice au pays des merveilles et l’univers des romans de la Table Ronde. L’auteur emploie une imagerie simple et parfois naïve, mais néanmoins puissante, pour parler, à mots couverts, du fabuleux travail de celui qui crée avec les mots et du magnétisme des images qui parfois peuvent vous entraîner près de la folie…

Mélodie SIMARD-HOUDE, Impact campus, vol. 22, no 17 (29 janvier 2008), p. 22.