tas-d’roches

Genre : Roman
Éditeur : Druide (Écarts)
Pages : 220
Parution : 2015
ISBN 978-2-89711-180-9


Présentation

Ce livre est un monstre. Monstre d’audace, de sophistication, de pittoresque. Écrit en français (ancien, moyen et moderne), québécois, chiac et innu, avec des pointes d’espagnol et de latin, cet énorme roman à la mise en page acrobatique vous fera tour à tour penser à Rabelais, Chrétien de Troyes, Michel Tremblay, James Joyce, Raymond Queneau, Jacques Ferron, Victor-Lévy Beaulieu et Fred Pellerin.

Ce livre est aussi la chronique extraordinaire et véridique d’un village où le ciel est plus clair qu’ailleurs, les femmes plus belles et les hommes plus larges et plus forts : Saint-Nérée terre ashini royaume shatshitun sis en bellechassoise contrée. C’est l’histoire d’un héros comme il ne s’en fait plus, champion de fond de rang, géant de rurale appartenance, dont les horribles faits et prouesses épouvantables marquèrent à jamais sa région. Un roman de grand courage et de haute trahison, un hymne au sexe cru, à l’éternel enchevêtrement des langues, peaux tambours corps assoiffés, ivresse aimun une orgie de mots : un buffet bien arrosé.


Prix

Prix Ringuet 2016
Prix Rabelais de la francophonie 2016


Critiques

« On ne peut que s’incliner devant l’audace et le travail titanesque que représente Tas-d’roches, qui par le fait même soumet l’expérience de lecture à une rude épreuve. Le plus étonnant est que tout se tient, la paillardise la plus grasse et le souffle poétique du chant de la terre innue, par exemple. Quelque chose d’organique sert de liant que l’on retrouve dans la finale, bellement étrange, sorte de diamant brut le plus travaillé qui soit. Fred Pellerin, Victor-Lévy Beaulieu, Rabelais, Chrétien de Troyes, la liste des influences, avouées ou non, pourrait longtemps s’allonger. En réalité, cette œuvre chorale et mégalomaniaque ne saurait être qualifiée autrement que de marcouxchabotienne ou tasdrochesque. »
David Laporte, Nuit blanche, 10 avril 2016

« Le travail de Gabriel Marcoux-Chabot ne s’arrête pas aux belles tournures et aux néologismes imagés. Que nenni! Tas-d’roches est écrit en français, vieux français, joual, chiac et innu. Et ce mélange de langues n’est rien pour jeter de la poudre aux yeux. C’est là le fruit d’une profonde réflexion sur l’identité, sur la narration et sur l’art du roman.
Trois voix racontent l’histoire du géant Tasderoches, trois voix comme autant de traces identitaires sur la même page, côte à côte ou entrelacées. La mise en page, les caractères gras et les italiques permettent d’identifier clairement ces voix; un casse-tête réussi pour les graphistes des Éditions Druide.
La première, celle du narrateur “bon vivant” rappelle Rabelais, une langue très près de celle d’un grand-père de Bellechasse qui raconterait une vieille histoire avec des québécismes et des anglicismes en imitant les accents de ses personnages. La seconde, celle du monologue intérieur de Tasderoches, plus XIIIe siècle, rappelle les chevaliers de Chrétien de Troyes et est inspirée de l’intérêt du géant pour les jeux de Donjons et dragons. La troisième rappelle les ancêtres de nos ancêtres, elle est d’une grande poésie en innu et en français. Ces trois postures pour une seule histoire, c’est là toute l’intelligence du roman de Marcoux-Chabot.
Rien n’est accessoire ici, la forme dépend de ces trois voix et le récit aussi. La voix poétique donne à Tasderoches sensibilité et fragilité, la voix treizième siècle pousse ses témérités et rend son amour pour Isabelle comme pour le derby démolition tout à fait chevaleresque et la voix du conteur permet le rire et la distance.
Il a fallu sept années d’écriture à Gabriel Marcoux-Chabot pour nous offrir ce livre particulier. Tas-d’roches rappelle à la mémoire, oui le Gargantua de Rabelais, mais aussi l’Ulysse de Joyce, le Marcel de Tremblay et le Melville de Victor Lévy Beaulieu. C’est à ces géants qu’on peut ajouter sans crainte le Tasderoches de Marcoux-Chabot. »
Maude Levasseur, Les Méconnus, 19 mars 2016

« En supplémentant son roman d’une bière artisanale produite par la microbrasserie Bellechasse, en documentant avec son frère Moïse ce geste d’une rare matérialité et en organisant un lancement néréen, Marcoux-Chabot affirme en actes son rapport nourrissant et apaisé au terrain mis en mots. Si la comparaison avec Fred Pellerin et Saint-Élie-de-Caxton s’impose d’elle-même (ou plutôt, avec l’aide de l’éditeur en quatrième de couverture), il faudrait aussi comparer ce rapport à celui apparemment plus trouble que Samuel Archibald dit entretenir avec Arvida, par exemple, lui qui se refuse à une littérature qui deviendrait outils du “développement régional”, ou encore avec le rapport à la cartographie des expérimentations adolescentes travaillé par Geneviève Pettersen dans La déesse des mouches à feu. Avec son “lyrisme tellurique” (expression d’Archibald désignant une des tendances formant le “néoterroir”), Marcoux Chabot devient sans doute avec ce roman le représentant le plus typique de ce que Benoît Melançon de L’Oreille tendue a surnommé joyeusement “l’école de la tchén’ssâ” en littérature québécoise, expression qui a connu un certain succès : “cette école est composée de jeunes écrivains contemporains caractérisés par une présence forte de la forêt, la représentation de la masculinité, le refus de l’idéalisation et une langue marquée par l’oralité.” Si la production de colostrum par le héros néréen qui se relève à la toute fin déjouera assurément les prédictions quant à “la représentation de la masculinité” dans Tas-d’roches, peut-être faut-il souligner que la production de “lait paternel” est parfois un symptôme de la cirrhose. La forêt, quant à elle, est belle et bien présente, elle appelle en plusieurs langues et sait se faire entendre à qui de droit. »
Simon Labrecque, Trahir, 14 février 2016

« Nous venant du Canada francophone, par un jeune auteur qui est aussi poète et performer engagé, ce roman aux marges du genre est un remarquable objet non-identifié : polyphonique, intertextuel, expérimental et totalement réjouissant ! […] C’est l’histoire d’un géant qui entend des voix – dont plusieurs « esprits » se partagent le cerveau, le narrateur rabelaisien n’étant que l’un d’entre eux, à côté d’un guerrier médiéval incitant notre héros aux hauts faits et relisant sa réalité aux couleurs de l’épique (mon préféré, je dois dire…), et d’une chamane dont les chuchotements, en innu dans le texte, sont donnés comme l’expression même de la Nature, sauvage et magnifique, de ce coin reculé, et forment la « basse », poétique, de la construction mélodique d’ensemble. Des prouesses de mise en page et de typographie nous permettent de suivre sans difficultés ce récit de vie diffracté jusqu’à la folie, jusqu’à la rupture, avant la réconciliation : à la manière d’un Danielewski dans La Maison des Feuilles, ou de Patrick Ness dans La Voie du Couteau¸ l’auteur met son texte en espace de manière à nous faire sentir, de façon toujours renouvelée, ce qui se passe dans la tête de son massif héros, comment coexistent les voix. Je recommande chaudement ce roman : vous y trouverez des comptes rendus de parties de « Donjons et Dragons » d’anthologie, vous y découvrirez les compétitions de « démolition » (des combats entre voitures retapées) façon joute de chevaliers modernes sur montures mécaniques, des chapitres entiers d’énumération, des scènes de sexe ou de fusion avec la nature d’une incroyable sensualité, au plus près de l’expérience sensible, et bien d’autres choses encore ! »
Anne Besson, Un mois de lecture, ActuSF.com

« Qualifié d’événement littéraire et de curiosité, Tas-d’roches est tout ça et plus encore. […] Ce livre est un pur bonheur et trouvera ses lecteurs. Les amoureux de la linguistique et de l’évolution des langues vont explorer un trésor foisonnant. On ne peut s’empêcher d’évoquer les Rabelais, Joyce, Beckett ou l’univers du conte pour adultes. Mais c’est surtout au grand Michel Tremblay des débuts qu’il faut comparer ce travail; comme lui, il a su mettre sur papier une langue qui était plutôt du domaine des traditions orales jusqu’à maintenant. Gabriel Marcoux Chabot transforme le parler d’aujourd’hui en littérature universelle. Le lecteur sort grandi de cette expérience. Ce livre est véritablement un objet que l’on voudra chérir, y retourner pour un passage comique ou une phrase iconique.»
Normand Babin, La Recrue du Mois, novembre 2015.

«Le moins qu’on puisse dire, écrire serait plus juste, c’est que ce roman sort de tous les sentiers battus qu’on a fréquentés dans notre vie de lectrice assidue. […]
Que se passe-t-il de rationnel dans cette histoire ? Pas grand-chose. Nous nous laissons bercer par la vie journalière d’individus plus grands que nature. Dépeindre Clarisse, la mère de Tasderoches, son père Léopold, ses parrain et marraine, son ami Elmout, s’avère présomptueux. L’enthousiasme et la fougue, l’ironie tendre de l’écrivain ne transparaitraient pas sous l’écriture neutre de la fadeur de nos portraits. Bien qu’on aimât peu les comparaisons, pas mieux que les citations, dépeignons-nous Rabelais, Joyce, Chrétien de Troyes ? Nous les lisons, éblouis, nous refermons l’œuvre. Comment décrire les séquences sexuelles entre Tasderoches et Isabelle, les mots nous manqueraient, trop pingres pour légitimer une telle passion de cœur inassouvi, de chair grassement avenante. […]
La fin du roman est sublime, on ne la décryptera pas, gardant pour soi le secret de cet étonnant retour à la vie. […]
Récit propageant la passion des langues, l’indulgence qu’il serait gratifiant de ressentir envers les êtres différents. Des chapitres laisseront le lecteur pantois, s’intégrant magnifiquement au désespoir que ressent Tasderoches, quand il parle aux oiseaux, aux grenouilles, aux feuillages. Il souhaiterait que les choses, petites et grandes, demeurent au diapason de ce que lui-même représente, une dénaturation de l’individu qu’il évoque au nom d’un chevalier inexistant, symbolisant un monde où les voix parvenues de tous continents, ou pays, s’imposent, tonitruantes. L’auteur, Gabriel Marcoux-Chabot, excelle quand il orchestre les extravagances de son personnage, Tasderoches. Que de tendresse lui voue-t-il, au point de se demander si après l’avoir laissé dériver vers la folie, il ne l’a pas sauvé de cet engloutissement en lui donnant une dernière chance, celle de la rédemption inespérée d’une naissance.»
Dominique Blondeau, Ma page littéraire, 14 septembre 2015.

«Un chef-d’œuvre bouleversant dont on attendait la venue avec impatience.
Certains filtrent des rivières à la recherche de pépites précieuses, d’autres préfèrent plutôt tourner des pages, mais la joyeuse secousse qui nous empoigne les tripes lorsqu’on tombe sur le trésor tant recherché est la même pour tous.
Après trois pages, vous afficherez un premier sourire bien fendu. Après quatre-vingts, vous aurez déjà éclaté de rire vingt fois et versé un huitième de larme. Seulement, à la place d’un caillou doré, vous tiendrez dans les mains cet autre bijou, à la fois brut et somptueux, cet espèce de merveilleux Tas-d’roches.
Nouveau monstre d’audace de quelques cinq-cents pages, Tas-d’roches n’est PAS la lourde brique aux expressions littéraires si abruptes que certains néophytes peineraient à mâcher, mais un gueuleton gargantuesque où tout un chacun peut plonger sans retenue afin d’y étancher sa soif et se remplir la panse à outrance.
En fait, l’œuvre est d’une telle richesse qu’elle mélange trois voix narratives différentes, inspirées autant de Rabelais, de Fred Pellerin que de James Joyce, s’articulant de concert dans une mise en forme aussi éclatée qu’amusante. Autrement dit, de la littérature comme il s’en fait de moins en moins, un joyau portant en son sein cette essence pure du partage et de l’ouverture sur le monde des possibles romanesques. […]
Des néologismes du mécano de campagne aux blagues de branlettes sexistes de morveux prépubères, de la mise en page tarabiscotée rappelant le calligramme aux élans d’énumération d’arbres généalogiques québécois à n’en plus finir, le monde de Tas-d’roches est une terre de mots à ce point bêchée, labourée et retournée qu’on pourrait sans doute en lire et en relire l’histoire de tous les sens et les côtés, tout en y trouvant chaque fois un plaisir nouveau.[…]
Ne reste finalement plus qu’à saisir cette poigne titanesque, ce chef-d’œuvre aussi remarquable que son auteur, qui, on le sent, n’a pas fini de nous en mettre plein la gueule.»
Arnaud Ruelens-Lepoutre, Impact Campus, 7 septembre 2015.

«Gabriel Marcoux-Chabot, alias Banane rebelle pendant le conflit étudiant de 2012, vient tout juste de lancer Tas-d’roches, un roman absolument époustouflant racontant l’histoire incroyable d’Elgros, un “géant de rurale appartenance” dont les prouesses vont marquer à jamais Saint-Nérée-de-Bellechasse.
L’écriture réjouissante de Gabriel, quelque part entre la prose plus grande que nature de Rabelais et la spontanéité de Fred Pellerin, démontre à la fois son talent de conteur et sa maîtrise des techniques narrative. Il utilise le français, le vieux français, le parler québécois, le chiac et l’innu pour raconter cette histoire extraordinaire bourrée de répliques savoureuses. […]
Son livre est donc la «chronique extraordinaire et véridique d’un village où le ciel est plus clair qu’ailleurs, les femmes plus belles et les hommes plus larges et plus forts». Il raconte les faits et gestes d’un héros, un solide gaillard vite surnommé “Elgros”, adopté par un couple de Saint-Nérée. Les prouesses du “champion de fond de rang” sont racontées avec humour, dérision et une formidable maîtrise de l’écriture.»
Marie-France Bornais, Le Journal de Québec, 6 septembre 2015.
Ce texte a aussi été publié dans Le Journal de Montréal.

«Dire que la foisonnante offrande de Gabriel Marcoux Chabot s’avère un livre étonnant relève assurément de l’euphémisme. Ici, le texte se divise en colonnes parallèles pour offrir plus d’un point de vue sur un même événement. Là, les logorrhées hautes en couleurs de la mère dudit Tasderoches sertissent les recettes détaillées dans le menu, «testées et approuvées» de la mère de l’auteur pour mettre en appétit l’esprit et la panse des amateurs de littérature sortant des sentiers moult fois battus. Avec pour résultat que l’exercice de style, que le trentenaire a peaufiné et structuré pendant quelque sept ans, s’avère une jouissive expérience de lecture, certes déconcertante par moments, mais ô combien agréable à déguster. […]
Tas-d’roches aurait pu être un énième roman sur les heurs et malheurs de devenir un homme. Or, Gabriel Marcoux Chabot s’est plutôt attelé à la tâche de raconter l’histoire de son fameux Tasderoches dans une langue goulue et gouleyante, empruntant autant au vocabulaire orgiaque de Rabelais qu’au joual dialogué de Michel Tremblay; à l’esprit conteur de Fred Pellerin qu’au florilège d’épithètes du capitaine Haddock; à la poésie intrinsèque de l’innu qu’à la beauté particulière du chiac. On y boit donc à grandes lampées. On y boustifaille à devoir s’en détacher les boutons de jeans. On s’y ressource au contact de la nature. On s’y aime aussi, à cor et à cri. Tout ça, sans complexes et, plus encore, sans modération.»
Valérie Lessard, Le Droit, 22 août 2015.
Ce texte a aussi été publié dans La Presse, Le Soleil, La Tribune et Le Quotidien.